[CGPi = Conseillers en Gestion de Patrimoine Indépendants]
Vous le savez, nous pronons la transparence pour les investisseurs en immobilier locatif, et nous ne sommes pas pour le "tout Robien". En particulier, nous pensons que d'une part, il est nécessaire d'approcher les investisseurs avec un audit patrimonial complet, puis, le cas échéant, de choisir la loi fiscale adaptée, et enfin de sélectionner les meilleurs biens immobiliers... et pas l'inverse !
Je vous joins donc un propos de Jean Cholet, reccueilli sur www2.newsmanagers.com

Avec le retournement du marché, les dérives, comme le surcommissionnement, sont devenues aussi criantes qu’intolérables aux yeux de nombreux distributeurs.
Le retournement du marché immobilier n’est pas seulement visible à travers les faillites de promoteurs, les provisions astronomiques que doivent passer les banques et le ralentissement des mises en chantier… Il a aussi pour conséquence une aggravation des tensions entre les promoteurs, les plateformes et les conseillers en gestion de patrimoine.
Témoin, la passe d’armes entre l’association CIF-CGPC que préside Jean-Pierre Rondeau et Olivier Guérin, le président de la plateforme Espaces Partenaires.
Dans un entretien récent à Newsmanagers, ce dernier dénonçait l’escalade des taux de commissionnement. "En matière de commissions, les plateformes ont donné dans la surenchère vis-à-vis des CGPI. Avec des taux allant jusqu’à 15 % sur un produit, on imagine combien gagne la plateforme et combien a surpayé le client ! Les CGPI doivent revenir à la raison en revendant de l’immobilier et non pas de la commission", dénonçait le président d’Espace Partenaires.
Réponse cinglante du président de CIF-CGPC : "Qu’Espace Partenaires commence par balayer devant sa porte… A combien Monsieur Guérin estime-t-il le paiement pour le client, puisqu’il offrait au moins du 10 % il n’y a pas si longtemps ? Et pourquoi une plateforme qui se voit pomper ses marges par les CGPI croit-elle offrir en plus de somptueux cadeaux non financiers ?". Et de citer une liste de voyages offerts en fonction du nombre de ventes réalisées : Challenge Girardin, été 2006, 3 ventes, une semaine au Maroc, 4 ventes une semaine à La Réunion etc. A son tour le président de CIF-CGPC retourne la question : "combien a surpayé le client ?".
Une chose est sûre : l’euphorie qui régnait lorsqu’il était facile de vendre à bon compte de l’immobilier est retombée. Et avec le retournement du marché, les dérives (surcommissionnement, vente de mauvais emplacements…) sont devenues aussi criantes qu’intolérables aux yeux de nombreux distributeurs. "Les plateformes vont être obligées de réduire la voilure. Avec les craintes de modifications de la loi, le retournement du marché, les scandales qui ont commencé à apparaître, le renchérissement du crédit, il va y avoir de l’écrémage", poursuit Jean-Pierre Rondeau.
Déjà, au mois de mars, Thibault Fischer, gérant du réseau de CGPI Anthea, estimait que "certaines plateformes immobilières étaient dangereuses", en invitant les CGPI à garder la maîtrise et le contrôle du processus d’investissement dans la pierre. "Nous avons le sentiment que les plateformes privilégient l’immobilier sous l’angle de la défiscalisation au détriment de la valeur patrimoniale des produits (…). La qualité des services offerts est souvent insuffisante. Et dans nombre de cas, nous constatons que ce sont des fins de programmes qui nous sont proposées", déclarait le président d’Anthea (…).
Les plateformes qui offrent seulement une approche de défiscalisation et pas suffisamment de valeur ajoutée sous forme de services ne pourront pas tenir", poursuivait-il.
Tout récemment, Jean-Jacques Olivié, président de l’Office National Indépendant de l’Immobilier et du Patrimoine (ONIIP) dénonçait sur notre site les professionnels de l’immobilier neuf "qui ne sont pas, la plupart du temps, de véritables agents immobiliers, mais des spécialistes de la défiscalisation qui abordent l’immobilier sous des aspects fiscaux, financiers…
Pour autant, ce ne sont pas des conseillers en gestion de patrimoine. Or, ces professionnels, qui ont jusqu’ici refusé de se présenter comme étant des agents immobiliers, essaient de trouver refuge dans la gestion de patrimoine alors qu’ils ne sont en réalité ni l’un ni l’autre !". Et de réclamer "un encadrement pour les acteurs de la défiscalisation".
D’où l’insistance de la part des associations homologuées par l’AMF à demander une réglementation de la profession dans l’ensemble de ses "sous métiers".
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